Studer Gassmann, Anne-Marie (1937-)

Studer Gassmann, Anne-Marie (1937-)Originaire de Delémont. Née le 6 juin 1937 à Alle. Fille de Joseph Studer, agriculteur, et de Henriette Nagel-Studer, institutrice. Aînée d’une fratrie de onze enfants. Épouse Louis Henri Gassmann, assistant technique au Centre Médical Universitaire CMU à Genève en 1988. Catholique.
Nurse au niveau international.
S. passe sa scolarité primaire à Alle et à Lucelle (F), et la secondaire à Estavayer-le-Lac (FR). Elle suit une formation en puériculture à l’École de Bertigny à Fribourg et obtient un diplôme de nurse en 1957. Au début de sa carrière, elle assume des postes au sein de diverses familles nanties, ainsi à Chiasso pour la propriétaire d’un magasin de chaussures et un banquier (1957-1958), à Bruxelles pour l’importateur de la marque Héro en Belgique et au Congo (1959-1961) et à Paris pour le directeur du Herald Tribune européen (durant 3 mois en 1961).
Ce parcours lui permet de vivre des moments historiques et inoubliables, notamment  voir Édith Piaf sur scène à Bruxelles en 1961 et être au premier rang pour voir défiler, sur les Champs-Élysées, le cortège de véhicules avec Charles de Gaulle et John F. Kennedy en tête, suivis par la voiture des deux premières dames, Jacqueline Kennedy et Yvonne de Gaulle, lors de la visite d’État à Paris en 1961.
Par la suite, S. travaille d’abord comme puéricultrice et cheffe de pédiatrie à la maternité de l’Hôpital de Sierre (VS), puis à l’Hôpital de Monthey (VS). Ensuite elle traverse l’Atlantique pour se rendre à New York, où elle trouve son premier emploi au sein de la famille d’un comte italien délégué aux Nations Unies, ce qui lui donne l’occasion de suivre quelques séances polyglottes de l’ONU en direct. En deuxième poste, elle est engagée par une famille amie de Robert Kennedy, frère du président des États-Unis. Ainsi, le 20 novembre 1963, deux jours avant l’assassinat du président, elle se trouve dans le jardin de la Maison Blanche. Le jour même de l’attentat, elle visite les Chutes de Niagara et voit tout le monde fondre en larmes autour d’elle. Ensuite, c’est un producteur de disques d’Elvis Presley qui l’embauche pour ses trois enfants (quelques années plus tard, on la retrouvera au Madison Square Garden pour un concert du roi du rock‘n’roll). Son employeur est aussi le voisin d’Isaac Stern, qu’elle va écouter au Carnegie Hall. Durant ses années new-yorkaises, elle revient en Europe pour un poste de remplacement de trois mois à Milan, où elle travaille pour le directeur de Paris Match. Elle habite Via Donizetti et visite fréquemment l’Opéra de la Scala. Elle trouve son dernier poste de nurse chez un chef d’orchestre new-yorkais qui reçoit souvent Léonard Bernstein, dont elle a l’occasion de voir la pièce de théâtre musical MASS sur scène. Passé le cap de ses 30 ans, S. change de métier et devient serveuse au restaurant allemand Wienerwald sur Broadway, où elle vit encore de plus près le va-et-vient des stars et des célébrités du monde du spectacle. Elle devient l’amie de la cantatrice canadienne Jacqueline Lespérance.
Après son retour en Suisse en 1974, S. gère la bijouterie « Christ » et la boutique de mode « Alimia » à Genève (1975-1987). Suite à son mariage en 1988, elle devient gérante de la cafétéria « École Club Migros » à Nyon jusqu’à sa retraite en 1993. Elle continue à gérer la buvette de l’Orangerie de Genève durant la saison de théâtre d’été. En 1993, elle s’installe avec son mari à Porrentruy.
Passionnée d’opéra et de musique, S. est membre des associations suivantes : Espace Choral Porrentruy, Belle Ajoie, Échos de l’Allaine à Alle, Ste Cécile à Porrentruy.

Natalia Da Campo et Kiki Lutz, 3/11/2020
Dernière modification: 4/11/2020

Bibliographie

Le quotidien jurassien, 24 octobre 2015
www.loc.gov/item/lmc1997003695/PP/ (consulté le 24.07.2020)
www.setlist.fm/setlists/edith-piaf-13d6c5a9.html?page=2 (consulté le 24.07.2020)
www.setlist.fm/search?query=madison+square+garden+elvis+Presley (consulté le 24.07.2020)
Informations transmises aux autrices par Anne-Marie Studer (05.12.2018, 09.10.2020, 15.10.2020)

Iconographie

Anne-Marie Studer. Source Anne-Marie Studer (2018)