Prêtre, Léon (1860-1936)

Originaire de Boncourt. Né à Porrentruy le 14 décembre 1860. Décédé au même endroit le 23 avril 1936. Fils de Pierre Prêtre, géomètre, banquier et député au Grand Conseil bernois, et de Séraphine Prêtre, née Queloz, de St-Brais. Épouse Berthe Plumez le 26 mai 1903, cinq enfants. Grand-père de Claudette Plumey. Catholique.
Peintre.
Écoles primaires à Porrentruy puis élève des Bénédictins de Sarnen (OW) de 1871 à 1876 et de Delle (F) de 1976 à 1878. Il apprend ensuite le métier d’employé de commerce dans les Établissements Benziger d'Einsiedeln (SZ), qui, à cette époque, constituent le plus grand éditeur d’images saintes en Suisse.
C'est en visitant un jour le musée des Beaux-Arts de Neuchâtel, alors qu'il était recrue à Colombier (NE) durant l’année 1880, que se révèle sa vocation pour le dessin et la peinture. Vers 1885, il ouvre une librairie-papeterie à Porrentruy et édite l’ouvrage Les origines du Jura bernois de Casimir Folletête. Secondé par sa sœur, Marie Berthe Prêtre, qui le remplace souvent au magasin, il consacre ses heures de loisir à la peinture. Il habite la ferme de Beaupré, propriété de son père, jusqu’en 1899. En 1894, laissant la gérance de son magasin aux mains de sa sœur, il fait un séjour de trois mois à Paris, sur invitation de son compatriote et ami le peintre Joseph Husson (1864-1910). Il y fréquente vraisemblablement les cours de l’Académie Julian avec son ami et se rend régulièrement au Musée du Luxembourg pour étudier et copier les toiles des grands maîtres. Dès lors, il nourrit le désir de se vouer entièrement à la peinture. En 1899, il ferme sa librairie et se rend de nouveau à Paris avec sa compagne, Berthe Plumez, protestante, dont la famille s’oppose au mariage avec un catholique, ainsi qu’avec la première fille issue de cette union. Durant son deuxième séjour parisien, qui dure cinq ans, sa famille accueille deux autres enfants. En 1903, il se décide à épouser sa compagne. La situation familiale pousse le jeune peintre à effectuer un apprentissage de plâtrier et peintre en bâtiment et à chercher du travail dans ce secteur, ce qui l’empêche de poursuivre sa carrière artistique à plein temps. En 1904, il rentre à Porrentruy et reprend sa petite librairie, dont il délègue la gérance à sa femme. Devenu héritier du bâtiment de la librairie en 1905, ses conditions financières s’améliorent et il peut se permettre de reprendre sa voie artistique, tout en effectuant encore quelques travaux de peintre décorateur pour gagner sa vie durant les périodes difficiles. Il exécute notamment des décors pour des églises. Durant la guerre, il est soutenu par de nombreuses commandes provenant de l’Eglise catholique pour la réfection d’œuvres mais aussi des tableaux pieux et de portraits de prélats. Ces activités augmentent sa renommée : de nombreux collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre, et il participe à plusieurs expositions. En 1922, il vend son bâtiment de la rue des Malvoisins à la Banque Cantonale bernoise. Son rêve de pouvoir vivre de façon indépendante en se consacrant pleinement à son art se réalise alors. P., qui se spécialise dans les portraits et les paysages, consolide son propre style, qui reflète des influences impressionnistes et lui vaut le surnom de « peintre de la lumière ». Il expose notamment à Delémont (1922), Porrentruy (1925) et Tramelan (1933). Durant cette phase fructueuse de sa vie artistique, il entretient des échanges réguliers avec les peintres jurassiens Willi Nicolet et Louis Poupon. Son œuvre fait partie du patrimoine artistique du Jura et influence d’autres peintres tout au long du XXe siècle, comme Maurice Lapaire et Gérard Bregnard.
En 2011, le Musée de l’Hôtel-Dieu de Porrentruy, qui abrite une importante collection de ses œuvres, lui consacre une rétrospective à l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance.


Emma Chatelain, 2/11/2005
Dernière modification: 6/03/2020

Bibliographie

ASJE 41, 1936, p. 251
Gustave Amweg, Les Arts dans le Jura bernois et à Bienne, tome 1, Porrentruy, 1937, pp. 381-382
Jean-Marc Boillat et Kiki Lutz, «Plumey, Claudette (1937-) » in Dictionnaire du Jura, www.diju.ch (consulté le 25.02.2020)
Christine Delory-Momberger et Claudette Plumey, La Trace. Dits et récits d’une hermaphrodite, travailleuse du sexe, éditions Téraèdre, Paris, 2016, p. 50-51
Michel Hänggi et Joseph Chalverat (textes) ; Jacques Bélat (photos), Léon Prêtre, Porrentruy : Société jurassienne d’Emulation, 2011
www.mhdp.ch (consulté le 25.02.2020)
Edgar Prêtre, Hommage à Léon Prêtre (1860-1936, La vie et les œuvres de l'artiste peintre jurassien et bruntrutain), film DVD (27 min.) Porrentruy/Lugano 2010

Texte actualisé par Kiki Lutz (25.02.2020)