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Congrès de Saint-Imier (15 et 16 septembre 1872)

Les deux Congrès de Saint-Imier marquent la naissance de l' « Internationale antiautoritaire » (dont l'âme est la Fédération jurassienne) par le théoricien de l'anarchisme Mikhaïl Bakounine secondés par Auguste Spichiger (1842-1919) du Locle, James Guillaume (1844-1916, fils d'un conseiller d'Etat radical neuchâtelois), et le Jurassien Adhémar Schwitzguébel (1844-1895).
Elle s'oppose à l'AIT (Association Internationale des travailleurs ou Ière Internationale).

Quelques heures avant que ne commence le congrès international, Saint-Imier accueille un congrès jurassien.
Ils ont lieu tous les deux à la Maison de Ville de Saint-Imier, l'ancien Hôtel Central (rue Francillon 2).

Congrès jurassien :
Délégués du Jura bernois (huit sur seize) au Congrès de la Fédération jurassienne :
- Section de Moutier : Georges Lachat
- Section de Bienne : Léon Schwitzguébel
- Section des graveurs guillocheurs du district de Courtelary : Adolphe Herter et Paul Junet
- Section de Sonvilier : Bakounine et Justin Guerber
- Section de Saint-Imier : Samuel Schneider et Ali Eberhardt (nommé président du bureau)

L'un des deux secrétaires du bureau est Arthur Haemmerli, de Saint-Imier. Les sections du Locle, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel et la section slave de Zurich sont aussi représentées.

Ces délégués acceptent deux résolutions :
1° Refus de reconnaître les pouvoirs du Conseil général de l'AIT.
2° Protestation contre les exclusions de Bakounine et James Guillaume de l'AIT lors du Congrès de La Haye (2 au 7 septembre 1872).


Congrès international :
Pour le Congrès international, les délégués de la Fédération jurassienne sont James Guillaume et Adhémar Schwitzguébel. Ils sont accompagnés de treize autres délégués (quatre Espagnols, six italiens, deux Français et un Américain). Parmi les trois secrétaires du bureau, c'est Charles Chopard, graveur de Sonvilier, qui fonctionne pour le français.

Ces délégués acceptent quatre résolutions :
1° Rejet de toutes les résolutions du congrès de La Haye (1872) et refus de reconnaître le nouveau Conseil général par ce congrès.
2° Conclusion d'un pacte de solidarité entre les fédérations libres.
3° Déclaration que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat.
4° Organisation de la résistance au travail par la grève, avec pour but final la destruction de tout privilège et de toute distinction de classe.

On accepte encore une résolution finale, appelée « Pacte de Saint-Imier », qui n'est autre que la résolution n° 2 laquelle invite toutes les fédérations à se joindre aux sections réunies à Saint-Imier. Cette résolution scelle la rupture définitive d'avec les marxistes de l'AIT en créant une Internationale parallèle.

Robin Moschard, 18/07/2012

Bibliographie

- Robert Félamine, Saint-Imier et le Vallon de nos ancêtres, éd. Intervalles 1998, p.301-302, 314 note 1
- James Guillaume, L'Internationale, documents et souvenirs, 4 vol., 1905-1910 (réimpr. 1980-1985, 2 vol., avec une biographie de Marc Vuilleumier, t.1 :1864-72, t.2 : 1872-78, index et bibliographie, Lebovici 1985
- Charles Thomann, Le mouvement anarchiste dans les Montagnes neuchâteloise et le Jura bernois, 1947
- Jacques Freymond, "La Première Internationale et le Jura, 2e colloque du Cercle d'études historiques", in ASJE, 1972, p. 337-348
- http://www.panarchy.org/jura/saintimier.html : Le Congrès de l'Internationale Anti-autoritaire (Saint-Imier 15-16 septembre 1872)

- Mémoire d'ici (Saint-Imier), dossier web: De Londres à Saint-Imier : naissance d'un mouvement anarchiste dans les montagnes jurassiennes. La Fédération jurassienne et ses acteurs
- Bibliothèque de la vile de La Chaux-de-Fonds, dossier web : L'anarchisme dans le Jura bernois et les Montagnes neuchâteloises