Hetzel, Max (1921-2004)

Hetzel, Max (1921-2004)Né à Bâle le 5 mars 1921. Mort à Deitingen (SO) le 12 septembre 2004. Fils d’Alfred (1890-1948). Ingénieur.
H. accomplit ses classes à Muttenz. Après avoir fréquenté les cours du « Mathematisch-Naturwissenschaftliches Gymnasium » de Bâle, il entre à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) en 1941. Il y soutient un diplôme, sous la direction du Professeur Baumann, intitulé « filtres électromécaniques de fréquence pour canaux de transmission télégraphique », couronnée d’une médaille d’argent. Ses premiers pas dans l’industrie se déroulent à Berne, chez Hasler SA, société alors spécialisée dans les télécommunications. Ne trouvant pas satisfaction dans l’économie, il s’en retourne à Zurich, au sein de l’Institut de Physique appliquée de l’EPFZ, où il travaille, entre 1947 et 1950, sur les méthodes de projection télévisée.
En 1950, il est engagé dans l’usine de Lore Sandoz-Peter à Bienne en tant que responsable de l’automatisation de lignes de production des montres mécaniques Bulova. Le tournant a lieu en 1952 lorsqu’Arde Bulova (1887-1958), directeur général de Bulova, entreprend le déplacement de New York à Bienne afin de placer H. à la tête d’un programme de recherche et développement sur les transistors et leur application aux montres-bracelets. Le premier brevet est déposé le 19 juin 1953 (n° CH312290) et le tout premier prototype d’une montre électrique est porté par H. lui-même à la fin du mois de novembre 1954. Plusieurs années de recherches supplémentaires sont encore toutefois nécessaires pour résoudre notamment les problèmes de durabilité des piles et de stabilité des transistors. H. est alors promu chef physicien au siège américain de Bulova, dans l’Etat de New York, pour y remédier. Finalement, le 25 octobre 1960, la première montre-bracelet électrique au monde est lancée sur le marché américain : la célèbre « Accutron », contraction de l’anglais « ACCUracy through ElecTRONic», à savoir « précision grâce à l'électronique » (brevets n° US2929196, US2949727 et US2960817).
A son retour en Suisse, H. est engagé par le Centre Electronique Horloger (CEH) à Neuchâtel, où il participe aux travaux portant sur un projet avorté de variante helvétique de la montre à diapason. Puis, entre 1969 et 1973, il est enrôlé par Omega pour développer un département de montres électroniques à diapason. Au milieu des années 1970, la montre-bracelet à quartz commençant à s’imposer définitivement, H. tourne le dos à l’horlogerie pour se pencher sur la programmation de machines électroniques de précision. Il prend finalement sa retraite en 1988.
Lauréat du Prix du Centenaire de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel (1968). Récipiendaire de la Médaille d'or de la Société suisse de chronométrie (1988).

Johann Boillat, 29/11/2021
Dernière modification: 12/01/2022

Fonds d'archives

Musée d'horlogerie du Locle-Château des Monts, Fonds Max Hetzel, cotes T 147.1-147.6, T 148-156 et TG 38-39

Bibliographie

« Quand l’électronique révolutionne l’horlogerie. L’Accutron, montre microsonique, fonctionne sans mécanisme ni balancier », Le Journal du Jura, 30 novembre 1962
« Petit précis d'horlogerie ou une visite-éclair à la Bulova. La première montre électronique du monde a vu le jour à Bienne! », Le Journal du Jura, 25 février 1966
« Le Prix du Centenaire à M. Max Hetzel », Feuille d’Avis de Neuchâtel, 6 février 1969
Journal suisse d’horlogerie et de bijouterie. Edition internationale, 4, 1969, p. 413-415
« L’or pour Max Hetzel », L’Express, 23 septembre 1988
Lucien F. Trueb, Zeitzeugen der Quarzrevolution, La Chaux-de-Fonds : Editions l’Homme et le Temps, 2006, pp. 35-39
Thomas H. Lee, « It’s about Time : A Brief Chronology of Chronometry », SSCS, 13 ,2008, n° 3, pp. 42-49

Iconographie

Journal suisse d’horlogerie et de bijouterie. Edition internationale, 4, 1969, p. 413.