Verreries

- Verreries du bord du Doubs
Lobschez
En 1657, une partie de la communauté de l'Essert-Gromez, sous la direction de Jacob Wäber prend contact avec les habitants de Lobschez (commune de Soubey) pour pouvoir exploiter leur forêt. Deux ans plus tard, ils obtiennent l'autorisation d'établir leur verrerie. Les trois bénéficiaires sont Jacob Wäber, Wilhelm Warnouris et Turs Hintzet. Protestants, ils rencontrent rapidement des difficultés avec les autorités de Saint-Ursanne. En 1662, un nouveau bail, fait entrer dans la verrerie des nouveaux verriers catholiques. Deux ans plus tard, la communauté éclate et les protestants s'en voient écartés au profit d'un nouveau groupe de Sankt-Blasien. En 1680, Melchior Schmid reprend la direction de la verrerie de Lobschez qui s'éteint en 1696. Les verrier s'installent alors sur l'autre rive du Doubs où ils se séparent en deux groupes et fondent les verreries de la Caborde et du Bief-d'Etoz.

Caborde (en F)
En 1696, les verriers quittent Lobschez. Une partie, les familles de Melchior Schmid (décédé en 1703) et de Germann, Georg et Hans Raspieler, s'établit sur l'autre versant du Doubs, en Franche-Comté, au lieu-dit la Caborde. Exploitée jusqu'en 1716-17.

Blancheroche (en F), aussi appelé la Grand'Combe
Le fils cadet de Georg Raspiller, Georges, est en 1712 l'un des co-fondateurs de la verrerie de Blancheroche, elle aussi sur la rive gauche du Doubs. Cette verrerie connaît passablement de difficultés. Elle ferme ses portes en 1817 quand le propriétaire d'alors décide de se déplacer à Roches.

Biaufond = Esserts d'Iles
Deux des enfants de Georges Raspieller, Joseph et Jean-François vont être en concurrence avec la verrerie du Bief-d'Etoz dans le domaine des achats de bois. C'est pourquoi, en 1747, ils demandent au prince-évêque la permission de construire une nouvelle verrerie aux Esserts d'Iles, sur la commune de Biaufond. Les travaux sont terminés en 1749. Connaissant toujours des difficultés et une rude concurrence avec le Bief-d'Etoz, la verrerie de Biaufond est absorbée par le Bief-d'Etoz en 1790. Son exploitation se termine en 1793, elle est alors dirigée par Pierre-Marie Blondeau.

Bief d'Etoz, aussi appelée Essarts-Cuenot
Sur la rive française du Doubs, fondée à partir de Lobschez, à peu près au même moment que La Caborde. Active durant plus d'un siècle, de la fin du XVIIe siècle à 1840. Au XVIIIe s., elle est la verrerie la plus important de Franche-Comté pour la production de verre à vitre.

- Verrerie de Laufon
Son origine est soleuroise. Jospeh Keller, négociant de Soleure, achète le terrain et obtient l'autorisation d'y construire une verrerie (1784) dont il confie la direction à un verrier du Bief-d'Etoz, Etienne Gresly. La verrerie de Laufon, ouverte en 1787, est exploitée jusqu'en 1849 et reste jusqu'à cette date propriété des Gresly (dès 1791, Keller se retire de l'affaire).

- Verreries de Roches et Moutier
La verrerie de Roches est fondée le 6 octobre 1797 par la société Schaffter, Gérard et Cie qui devient plus tard la société Schaffter, Liomin fils et Cie. L'abandon et la destruction de la verrerie date des années 1888 et 1889.
En 1817, Célestin Châtelain, fils de Jean-Baptiste Chatelain propriétaire de la verrerie de la Blancheroche, s'installe en Suisse. Il loue d'abord la verrerie de Roches qui appartient alors à M. Laroche et Sauvain de Bâle (qui l'avaient eux-mêmes acquise de la famille Schaffter de Moutier) puis en devient propriétaire. Célestin se retire en 1830 et c'est son fils Alfred qui prend la tête de l'entreprise. Célestin va alors s'installer à Moutier où il fonde une nouvelle verrerie en 1841, verrerie toujours en activité aujourd'hui (cf. Verres Industriels SA).
Quant à la verrerie de Roches, elle est rachetée en 1841 par un membre de la famille Gressly qui devra la revendre en 1853 en raison de difficultés financières. Plusieurs propriétaires vont ensuite se succéder jusqu'à un groupe d'actionnaires bâlois qui la maintiendra en activité jusqu'en 1886.

Emma Chatelain, 6/10/2008

Fonds d'archives

Mémoires d'Ici (Saint-Imier), dossiers documentation « verrerie », « Court, Le Chaluet »

Bibliographie

Gustave Amweg, Les Arts dans le Jura bernois et à Bienne, tome 2, Porrentruy, 1941, p. 403-446
André Rais, « Les deux verreries de Chaluet », in Les Intérêts du Jura, no 7, juillet 1954, p. 137-150
Guy-Jean Michel, « Familles verrières et verreries dans la principauté de Porrentruy aux XVIIe et XVIIIe siècles », in Actes SJE, 1985, p. 51-83
Guy-Jean Michel, Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle, Erti, 1989
Cécile Gonda, La verrerie de Roches, à Rebeuvelier. Découverte d'un atelier du 19e siècle, Porrentruy, 2005