Bellefontaine (centrale hydroélectrique), 1903-1972

Dès les années 1890, les trois industriels Dubail, Monnin et Frossard (fondateurs de la Société d'horlogerie de Porrentruy en 1873, devenu dès 1902 Phénix Watch Co), soutenus par le maire Joseph Maillat, lancent l'idée d'une usine électrique. Plusieurs sites sont envisagés jusqu'à ce qu'on se tourne vers le Doubs et l'ancienne forge de Bellefontaine (attestée en 1563 et fermée en 1861). Léon Guillemeteau qui en est le propriétaire en demande une somme trop élevée ce qui va mettre le projet en veilleuse pendant quelque temps. Les échecs d'un projet d'usine au Champois puis du « Consortium du Doubs pour l'exploitation de l'énergie hydraulique » (communes de Delémont et Porrentruy) et d'un projet pharaonique à 1 km en aval d'Ocourt occupent les deux dernières années du XIXe s. Finalement, en 1901, on se retourne à nouveau vers Bellefontaine que Guillemeteau est désormais disposé à vendre pour une somme bien moins élevé que ce qu'il réclamait dix ans plus tôt. La future compagnie d'exploitation, la « Société des Forces motrices du Doubs » (SFMD) est créée. Son capital-action se divise entre la commune de Porrentruy (100 000.-), Guillemeteau (50 000.-), la commune de Fontenais (25 000.-), l'entreprise chargée des travaux Froté & Westermann, et des particuliers. Dès le 17 janvier 1903, l'usine produit l'électricité nécessaire à l'éclairage de Porrentruy et Fontenais. Plusieurs autres communes seront ensuite raccordées au réseau : Villars-sur-Fontenais (1903), Boncourt (1905), Saint-Ursanne (1906), Buix (1912), Alle, Vendlincourt, Bonfol, Courgenay et Courtemautruy (entre 1903 et 1908). L'usine ne suffit cependant pas à répondre à la demande en Ajoie et en 1912, un contrat de fusion de 25 ans est signé entre la SFMD et les Forces Motrices Bernoises (FMB).
Dès le début des années 1950, on se rend compte que l'usine est en mauvais état et nécessite de sérieux travaux. Ainsi, en 1953, elle est complètement remplacée par une nouvelle centrale. Cependant, cette dernière sera finalement fermée le 31 mai 1972 faute de moyens pour la remettre en état.

Emma Chatelain, 6/04/2009
Dernière modification: 14/07/2009

Bibliographie

Georges Cattin, Les centrales électriques jurassiennes, Saignelégier, 2006, p. 153-173