Juillerat, Jacques-Henri (1777-1860)

Né à Moutier le 3 ami 1777, où ses parents exploitaient l'auberge du « Lion d'Or ». Décédé à Berne le 6 mars 1860. Peintre, il est connu pour ses aquarelles, notamment de paysages jurassiens, mais aussi de Suisse, de France et d'Italie où il vécut.
Peu heureux dans l'exploitation de leur auberge, les parents de J. doivent la quitter et toute la famille s'installe alors au moulin de Souboz. A l'âge de six ans, J. est placé chez des parents à la Montagne de Moutier dont il fréquente l'école. C'est de cette époque déjà que date ses débuts dans la peinture. L'année suivante, il retourne chez ses parents qui encouragent cette vocation naissante. J. prend des leçons de dessin au pensionnat de Bellelay, à l'école de Moutier et à Neuchâtel, avec le professeur Jean Preudhomme. Ces études sont souvent interrompues par sa santé fragile. Il part ensuite rejoindre son frère à Bâle où il prend des cours d'aquarelle avec Jérôme Holzach (1733-1793) et fait la connaissance du peintre Peter Birmann (1758-1844), rencontre qui eut un grand impact sur sa carrière. Il suivit ensuite les cours des peintres Wocher, à Bâle, Jean-Baptiste Stuntz (1753-1836), à Arlesheim, et Wuest, à Zurich. Après la ruine de ses parents, J. doit revenir à Bâle où il est agrégé comme membre de l'université. Il y fait la connaissance de Chrétien de Méchel, graveur et marchand d'estampes, avec qui il va travailler plusieurs années. Pendant son séjour à Bâle, il fait plusieurs voyages dans l'Oberland bernois.
En 1809 ou 1810, il quitte Bâle pour Courrendlin. De nombreux tableaux représentant les paysages jurassiens datent de cette époque.
En 1812, il est nommé professeur de dessin au Collège de Delémont, puis décide de s'installer à Berne, ne trouvant pas, à Delémont, une clientèle suffisante pour écouler ses aquarelles. Il continue cependant à retourner régulièrement dans le Jura pour y peindre ses paysages. En 1823, il est nommé professeur de dessin à l'Académie de Berne.
A la fin de l'année 1828, suite au chagrin que lui causa la mort de sa fille à l'âge de cinq ans, J. et son épouse (Marie-Catherine, née Mouillet) et sa belle-soeur, Catherine Mouillet (1802-1885), venue s'installer avec eux, décident d'un voyage en Italie avant de s'installer à Nice où J. ouvre un atelier. Sa santé se rétablit et sa situation financière s'affermit quand arrivent les événements de juillet 1830 qui décident le couple à quitter Nice pour Turin. Après un séjour à Rome (1835-1848), il retourne à Turin.
Finalement, en 1855, des difficultés financières le poussent à retourner au pays. Vingt-sept ans après l'avoir quittée, J. et sa femme se réinstallent à Berne.

Emma Chatelain, 1/11/2005
Dernière modification: 24/01/2007

Bibliographie

Gustave Amweg: Les Arts dans le Jura bernois et à Bienne, tome 1, Porrentruy, 1937, pp. 322-344 / 461 / 498
Dictionnaire biographique de l'art suisse A-K, Zurich et Lausanne, 1998, p. 553