Thurmann, Jules (1804-1855)

Géologue et botaniste. Né le 5 novembre 1804 à Neuf-Brisach dans le Haut-Rhin (F). Décédé le 25 juillet 1855 à Porrentruy. T. est orphelin de son père, qui était capitaine du génie, à l'âge de 15 mois. Sa mère, Marie-Thérèse née Raspieler, décide alors de s'établir dans sa commune d'origine, Porrentruy. T. fréquente pendant deux ans le Collège de Porrentruy et poursuit ses études à Strasbourg (bachelier en lettres et études de droit) puis à l'école royale des mines de Paris. Il acquiert ainsi une solide formation scientifique greffée sur une culture littéraire classique. Ses études achevées, il revient s'établir à Porrentruy et devient bourgeois de cette cité en 1828. Il devient également officier dans le génie fédéral. Il travaille d'abord à Delémont avec le géomètre Antoine-Joseph Buchwalder puis va apprendre l'allemand à Constance. En 1830, il revient à Porrentruy et commence l'étude de la géologie. En 1832 il est nommé professeur de mathématique et de sciences naturelles au Collège de Porrentruy. Depuis 1830, il dirige également les cours fondés par le Gouvernement et destinés à l'instruction des instituteurs. Il écrit un Traité de Principes de pédagogie ; ses cours se caractérisent par des tendances libérales, ce qui lui vaut de violentes attaques de la part des catholiques conservateurs. Il devient néanmoins le fondateur et le premier directeur de l'école normale des instituteurs en 1837, poste dont il démissionne en 1840; il reste toutefois en fonction jusqu'en 1843. D'ailleurs la politique le tente et il est élu au Grand Conseil bernois de 1837 à 1839 et de 1844 à 1845. T. consacre désormais une grande partie de son temps à la géologie du Jura ; il fonde un cabinet de géologie et de minéralogie. Cette passion pour la géologie lui vaut même le surnom de « fou des pierres ». Passionné de recherche scientifique, il découvre les lois fondamentales selon lesquelles s'est plissée la chaîne du Jura et explique les phénomènes de sa destruction et de son érosion. Cet Essai sur les soulèvements jurassiques, publié entre 1832 et 1836, fait date et le rend célèbre au-delà des frontières du pays. Il sera suivi en 1853 d'un Résumé des lois orographiques générales du système des Monts-Jura qui décrit les montagnes et l'agencement de leur relief. T. se distingue également par ses recherches en botanique; il publie deux ouvrages de grande valeur : L'énumération des plantes vasculaires du district de Porrentruy en 1848 et en 1849 l'Essai de Phytostatique appliqué à la chaîne du Jura et aux contrées voisines, traité de géographie botanique dans lequel il met en évidence les relations entre la flore et le sol. Homme de sciences, il publie ainsi une trentaine d'ouvrages consacrés plus particulièrement à la géologie et à la botanique (autre publication importante en 1847 : Système de géographie botanique). En outre il dirige l'aménagement définitif du jardin botanique de Porrentruy et en fait un remarquable instrument de travail scientifique. La renommée scientifique de T. rejaillit sur la ville de Porrentruy : Ainsi en 1838 il préside le premier Congrès de la Société géologique de France qui, en son honneur, tient ses assises à Porrentruy. En 1853 la Société helvétique de Sciences naturelles siège à son tour dans le chef-lieu bruntrutain. Il est encore membre fondateur en 1832 de la Société de statistique des districts jurassiens et, en 1847, l'un des membres fondateurs et le premier président de la Société jurassienne d'émulation (SJE). Par la publication des travaux scientifiques et littéraires des savants de l'époque (Quiquerez, Stockmar, Kohler), l'émulation favorise la diffusion des idées et de la culture de notre pays. T. en reste le président jusqu'à sa mort qui survient le 25 juillet 1855 à Porrentruy des suites du choléra. Le monde scientifique reconnaissait déjà dans l'oeuvre de T. « la plus grande date de la science géologique jurassienne ».

Jean-François Conus, 15/08/2006
Dernière modification: 10/03/2016

Bibliographie

Dictionnaire historique et biographique de la Suisse (DHBS), tome VI, 1932, p. 601. Recherches personnelles.