Robert, Max (1908-1997)

Robert, Max (1908-1997)

Originaire des Ponts-de-Martel (NE). Né à Tavannes le 26 mars 1908. Décédé à Moutier le 3 novembre 1997. Epouse Alice Jeannet (25.4.1936) de Moutier. Trois enfants. Imprimeur, conseiller municipal, journaliste, amateur d'art et mécène.
En 1918, sa famille s'installe à Moutier où son père, Oscar Robert, reprend l'imprimerie du journal local Le Petit Jurassien.
En 1924, R. entame un apprentissage de typographe dans l'imprimerie paternelle. En 1948, suite au décès de son frère, Charles Robert, il se retrouve à la tête de l'entreprise (jusqu'en 1979). Il poursuit la parution du quotidien local et, parallèlement, il édite des ouvrages d'art, ce qu'il est alors un des rares en Suisse à faire. Comme imprimeur et éditeur, R. ne se confine pas à un catalogue précis. Il publie, dès 1952, des recueils de poésie (Pierre Chappuis, Pierre Kuenzi, etc.), des oeuvres en prose (Hughes Richard, Suzanne Santschi-Roth, Marguerite-Yerta Méléra, etc.), un grand nombre de monographies d'artistes (Coghuf, Georges Borgeaud, Joseph Lachat, etc.) ou encore les écrits du journaliste et « ovniologue » biennois Gilbert Bourquin.
Durant une trentaine d'années, il assure la chronique local du Petit Jurassien qui fusionne avec le Journal du Jura en 1956. Max Robert rompt ses relations avec ce dernier en 1975, pour des motifs politiques. Une année plus tard, il devient rédacteur de l'Optique jurassienne, alors éditée par l'Imprimerie Centrale à Moutier.

En plus de son activité de journaliste et d'imprimeur, R. joue le rôle de mécène, organisant des expositions, acquérant des oeuvres et soutenant des artistes. En 1953, il fonde à Moutier le Club jurassien des Arts (qu'il préside jusque dans les années 1970) puis, en 1956, le Musée jurassien des beaux-arts. On lui doit aussi la présence, à Moutier, de remarquables vitraux de Manessier, de Coghuhf et de Schiess, ainsi que l'organisation d'expositions présentant les oeuvres originales de grands artistes tels que Paul Klee ou Max Ernst. En 1968, il fait aussi partie des promoteurs de la première Quinzaine culturelle.
Membre de la Société jurassienne d'Emulation (SJE), président de sa section prévôtoise, et du conseil de fondation de la Fondation Joseph et Nicole Lachat.
Lauréat du Prix du Patrimoine 1991 de la Fondation pour le patrimoine culturel à Lausanne.
Membre du Parti libéral-radical, il siège au Conseil municipal de Moutier de janvier 1943 à décembre 1946 et au Conseil de ville de janvier 1971 à février 1973.
Gymnaste et skieur, Max Robert fut actif au sein de plusieurs sociétés sportives.

Dans trois ouvrages, Max Robert (avec la collaboration d'Alfred Holzer et de Walter Rougemont) retrace l'histoire de Moutier de 1894 à 1977. Il s'agit de De Moutier village à Moutier ville (Editions Robert, 1970), Après Moutier village, Moutier ville (Editions Robert, 1974) et Moutier chef-lieu de district (Editions Robert, 1978).

En octobre 1992, la Municipalité de Moutier inaugure la « Promenade Max Robert », située entre l'ancienne imprimerie et la gare.

Emma Chatelain, 27/08/2009
Dernière modification: 28/07/2010

Fonds d'archives

Mémoires d'Ici (Saint-Imier), dossier « Max Robert »
Municipalité de Moutier, informations transmises par le chancelier adjoint.

Bibliographie

Jean-René Carnal, Frédéric Donzé, Francis Steulet, Histoire du Jura bernois et de Bienne, 1995, p. 171
François Boillat, « Hommage à Max Robert », in ASJE, 1997, pp. 235-237
Le Quotidien jurassien, 5 novembre 1997
« Max Robert (1908-1997), homme du livre et promoteur de l'art jurassien contemporain », in La Radio Suisse Romande et le Jura 1950-2000, RSR, Lausanne 2008, p. 61-62
Emma Chatelain, « Max Robert », in Dictionnaire historique de la Suisse [publication électronique DHS], version du 9.12.2009

Iconographie

Coghuf, Lermite et Max Robert, 1969. Mémoires d'Ici, collection Max Robert.