Monard, Albert (1886-1952)

Originaire des Ponts-de-Martel (NE). Né le 2 février 1886 aux Ponts-de-Martel, décédé le 27 septembre 1952 à La Chaux-de-Fonds. Fils d'Emile, horloger, et de Clara Matthey-Henri. Célibataire. Protestant.
Instituteur à La Chaux-de-Fonds (dès 1905, année de son brevet). Pendant ses quelques années d'enseignement primaire, il jette les bases d'une flore simplifiée qui deviendra Le Petit botaniste romand, paru la première fois en 1919, manuel scolaire de détermination botanique encore utilisé au début du XXIe s. (douzième réédition en 1991), comme le rappelle Marcel Jacquat dans la notice biographique qu'il lui a consacrée.
Naturaliste passionné, il s'inscrit à l'Université de Neuchâtel en sciences naturelles (1915-1919). Licence en poche (1917), au contact du Dr O. Fuhrmann, il se consacre à la zoologie et obtient son doctorat à Neuchâtel (1919) avec une thèse consacrée à La faune profonde du lac de Neuchâtel (Prix Léon DuPasquier). La même année, il est nommé professeur de sciences naturelles au Gymnase de La Chaux-de-Fonds (1919-1930) et privat-docent à l'université de Neuchâtel (1919-1935), poste qui se combine en 1920 avec celui de conservateur du Musée d'Histoire naturelle (1920-1952). En 1932, il renonce à l'enseignement et se consacre uniquement à son poste au musée.
Des séjours à Roscoff, Naples, Tunis et Banyuls lui ont permis d'étudier certains aspects de la faune marine, en particulier les microcrustacés harpacticoïdes. De la rencontre avec l'industriel William Borle de Fleurier, naît une série de quatre expéditions en Afrique, la première en Angola (1928-29) avec le Dr Hertig, médecin chaux-de-fonnier établi en Afrique du Sud, ainsi que William et son fils Marcel Borle. Il s'y consacre à l'étude de la faune vertébrée et invertébrée et récolte un riche matériel destiné à son musée. La seconde expédition, à buts scientifique et ethnographique, l'emmène également en Angola, en compagnie de Th. Delachaux, conservateur du Musée d'ethnographie de Neuchâtel, et C.-E. Thiébaud, un jeune géologue (1932-1933). Plus tard, il explore seul la Guinée portugaise (1937-1938) et enfin le Cameroun (1946-1947), en compagnie de Villy Aellen.
L'étude de l'important matériel rassemblé lors de ces différentes expéditions fait l'objet de nombreuses publications et enrichi la science de la découverte de nouvelles espèces. Les mémoires concernant la faune de l'Angola, en particulier, lui valent le titre de Commandeur de l'Ordre de l'Instruction publique du Portugal (1935).
Membre de la Société jurassienne d'Emulation (SJE), vice-président de la section de La Chaux-de-Fonds. A sa retraite en 1951, il s'installe à La Molta-dessus, près des Ponts-de-Martel. Il meurt terrassé d'une hémorragie cérébrale au cours d'une promenade à cheval.
Il a aussi été organiste au Temple de l'Abeille de La Chaux-de-Fonds pendant quelques années, au temps de ses études universitaires.

Philippe Hebeisen, 8/10/2004
Dernière modification: 16/02/2009

Bibliographie

ASJE 56, 1952, pp. 290-291
Marcel S. Jacquat, « Monard, Albert », in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), url:
http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F48755.php, version du 29.08.07
Jean G. Baer et Villy Aellen, « Albert Monard, 2 septembre 1886-27 septembre 1952 », Bull. de la Soc. neuchâteloise des sciences naturelles, 76, 1953, 171-175 (avec liste des 'uvres pp. 173-175)
Willy Lanz, Willy Matthey, Pascal Moeschler e.a., Hommage à Albert Monard, conservateur du Musée de 1920 à 1952, La Chaux-de-Fonds : Musée d'histoire naturelle, 1986 (dates des diverses missions, pp. 11-12 ; bibliographie des 'uvres pp. 80-82)
Marcel S. Jacquat, « Albert Monard : zoologue, botaniste, explorateur (1886-1952) », in Michel Schlup (dir.), Biographies neuchâteloises, t. 4, 1900-1950, Hauterive : G. Attinger, 2005, pp. 201-208