Asile Mon Repos, La Neuveville

L'institution Mon Repos à La Neuveville est un établissement pour malades chroniques ouvert en 1906. La démarche s'inscrit alors dans le cadre de la modernisation des hôpitaux de Saint-Imier (ouvert en 1856) et de Moutier (en 1875) qui se mettent à accueillir des malades curables et des blessés au détriment des malades incurables (invalides, malades chroniques, tuberculeux), des vieillards et des alcooliques mais aussi des enfants paralysés, aveugles ou rachitiques que les familles n'ont pas les moyens d'entretenir à domicile.
L'idée d'un asile destiné à la population incurable est soulevée pour la première fois lors du synode de l'Eglise protestante jurassienne à Orvin en 1902 par Albert Gylam, inspecteur scolaire à Corgémont. Dans l'ancien canton, quatre asiles de ce type ont déjà été ouverts par les milieux protestants. L'idée est acceptée une année plus tard, lors du synode de Vauffelin. Un comité d'initiative est alors constitué composé de douze personnes, dont le pasteur Gross et le préfet Rollier de la Neuveville. Après discussion, on décide de construire un bâtiment neuf. En avril 1904, on vote pour La Neuveville au détriment de Moutier (Saint-Imier et Malleray s'étaient désistés au dernier moment). Le président du comité (7 membres) est nommé en la personne de Jämes Gross, pasteur. Un concours d'architecture est lancé, remporté par M. Boillot, maître à l'Ecole professionnelle de La Neuveville. Un comité de dames est formé, chargée des taches de la lingerie, de la cuisine et de l'ameublement.
La diaconesse de Saint-Loup, soeur Alice de Buren, devient la première directrice (1906-1923). Le 15 novembre 1906, l'institution accueille son premier pensionnaire. Le Dr. Gustave Schlaefli en est nommé médecin, il est secondé par quatre diaconesses et huit jeunes filles.
Mon Repos comprend 60 lits en 1905 puis 80 dès 1908 et 85 dès 1927. De 1906 à 1950, 114 malades en moyenne y sont hospitalisés par année.
Dans les premières années, les subventions de l'Etat et les contributions privées sont très importantes puis tendent à diminuer.
En 1921, Mon Repos hérite de la fortune de l'épouse de feu le Dr. Schwab de Saint-Imier, une somme considérable qui l'aidera à améliorer le confort de la maison et à faire face à l'augmentation croissante des pensionnaires.
En 1952, on fête l'agrandissement du bâtiment alors que le 23 juin 1965 est inaugurée une maison pour le personnel.
Dès 1969, les diaconesses de St-Loup ne peuvent plus mettre à disposition de Mon Repos des soeurs directrices ; dès lors l'institution sera dirigée par un directeur laïc. La dernière diaconesse à travailler à Mon Repos prend sa retraite en 1997.
En 1989, on inaugure un nouveau bâtiment (l'ancien est détruit) comprenant 50 chambres à deux lits et 26 chambres à un lit. Quatre ans plus tard, le 2 septembre 1993, des appartements protégés dépendant de Mon Repos sont inaugurés.
A partir du 1er janvier 1999, la loi cantonale change et Mon Repose n'est désormais plus soumis à la loi sur les hôpitaux mais à la loi sur les oeuvres sociales.

Emma Chatelain, 22/01/2009
Dernière modification: 22/02/2012

Fonds d'archives

Mémoires d'Ici (Saint-Imier), dossier documentation « La Neuveville, Mon Repos »

Bibliographie

Ch. A. Simon, Mon Repos, asile jurassien, 1906-1956, 1956
Pierre-Yves Donzé, L'hôpital au pays de l'industrie : histoire des établissements hospitaliers de Moutier et de Saint-Imier aux 19e et 20e siècles, Saint-Imier, Moutier, 2006, p. 45-46
Mon Repos, L'Avenir est transparent, 2006 (à l'occasion du centenaire)
Mon Repos, En partance pour le pays des souvenirs, 2006 (à l'occasion du centenaire)
Roland Sermet, Chronique des événements de l'institution 1906-2006, 2006

Lien: http://www.mon-repos.ch/