Boillat-Hilber, Paula (1916-2010)

Née à Saint-Gall en 1916. Décédée le 19 avril 2010. Fille de Jacob Hilber, directeur d'une fabrique de dentelles. Epouse Laurent Boillat en 1936. Deux enfants. Catholique.
B. passe son enfance à Saint-Gall. Pendent son adolescence, elle est placée sous tutelle du vicaire Jeanbouquin qui la remet à la garde d'une famille de Delémont pour un stage linguistique. Peu après, elle travaille comme fille au pair chez une famille bâloise. En 1935, elle est de retour dans le Jura. Elle travaille dans une boulangerie à Tramelan et fait la connaissance du peintre Laurent Boillat, qu'elle épouse l'année suivante. Dès 1937, elle publie de nombreuses chroniques et nouvelles dans la presse alémanique, notamment dans Die Weltwoche, Sankt Galler Tagblatt, Basler Nachrichten et Annabelle. Malgré l'absence de toute formation journalistique ou diplôme universitaire, sa carrière de journaliste-écrivaine se poursuit jusqu'en 1956. En 1938, elle participe avec son mari à la fondation de la Revue Transjurane et devient l'une des rares femmes qui contribuent à ce projet par la publication du texte Le Scribe accroupi – son seule texte traduit et publié en français de son vivant.
A partir de 1939, B. pose comme modèle pour son mari. Elle prête ainsi son visage et sa figure à de nombreuses interprétations artistiques en peinture et sculpture, incarnant des femmes telles que Nausicaa, Circe, la Vierge ou même une allégorie du Jura libre.
Sa propre approche aux arts visuelles, cette fois en tant que créatrice, ne se concrétise pas avant 1956, quand elle fait ses premiers essais en travaillant la terre glaise dans l'atelier de son mari. En 1957-1958, elle se perfectionne dans l'art de la céramique en suivant des cours à l'Ecole de Gino Severini à Paris. Un an plus tard, elle travaille elle-même comme enseignante pour les jeunes artistes. En 1962, elle conçoit sa première exposition individuelle au collège de Delémont. Elle exposera pendant toute sa vie seule ou en groupe avec son mari et d'autres artistes (tels que Asa Ianova, Joseph Boinay, Sylvère Rebetez, Hedwige Schröder) dans de nombreuses galeries et espaces d'exposition (Brauerei-Chäller à Laufon, Club des Arts à Moutier, diverses galeries et Jura Art Exposition à Bâle, Breitenbach (SO), Cressier (NE), centres culturel de Delémont et Rossemaison, etc.).
En 1971, elle décore avec son mari la chapelle de l'Institut Saint-Germain à Delémont, en contribuant notamment aux vitraux, au bénitier et aux chandeliers en céramique.
En 1997, elle reprend son activité de modèle pour poser devant l'objectif du photographe Pierre Montavon.

Kiki Lutz, 21/09/2017

Bibliographie

www.chronologie-jurassienne.ch (consulté le 27.7.2017)
Le Democrate, 24 février1968
L'Impartial, 2 février 1977, 10 septembre 1982
www.galeriedesannonciades.ch/images/PDF/biographie-de-LAURENT-BOILLAT.pdf (consulté le 27.7.2017)
Isabelle Lecomte, «Paula Boillat-Hilber (1916-2010). Ligne de vie», in L'Hôtâ, Porrentruy, No 40, 2016, p. 32-41