Institut littéraire suisse

L’institut littéraire suisse est fondé en 2006 au sein de la Haute école des Arts de Berne – HKB, dont le siège se trouve à Bienne.


C’est suite à la constatation de l’absence de formation dans le domaine de l’écriture créative en territoire Helvétique que l’Association des autrices et auteurs de Suisse (AdS) aborde la création d’un projet qui permettrait l’exercice et le perfectionnement professionnel dans cette branche. En effet, lors de la naissance de cette idée, il n’y avait dans le monde francophone, contrairement à l’espace anglophone où ces projets fleurissaient déjà, qu’un seul institut au Québec valorisant l’écriture créative. Alors qu’en Suisse romande, plusieurs personnalités s’opposent à ce dernier projet au début des années 2000, soutenant que l’écriture créative ne peut pas faire l’objet d’un apprentissage, et encore moins d’une formation, et créant des discussions animées sur ce que signifie être écrivain, le côté alémanique se montre plus enthousiaste. C’est ainsi, et suite à l’initiative de Guy Krneta et Irene Weber-Henking, que l’Institut littéraire suisse est concrétisé sous la direction de Marie Caffari et Daniel Rothenbühler, en coopération avec la Haute école des arts de Berne. Il ouvre ses portes en 2006 à Bienne, lieu idéal pour offrir une formation bilingue.


Chaque année, quinze étudiant·e·s aspirant à obtenir un bachelor en écriture littéraire sont sélectionné·e·s à la suite d’un concours d’entrée sur dossier. Les enseignants ont pour objectif de passer outre la barrière existante entre les cursus académiques courants et un diplôme moins normalisé, qui irait à l’encontre du principe de l’écriture. La formation, sous la direction de Marie Caffari, encourage la diversité et accueille des créations en prose, de la poésie, de l’écriture dramatique, ainsi que des textes plus expérimentaux, en langue française ou allemande. Le plan d’étude se divise en quatre modules pratiques et théoriques, permettant de développer son écriture individuelle mais aussi en collaboration, pour arriver à un travail transdisciplinaire et une concrétisation des projets de chacun. L’I. tisse aussi des relations d’échanges, notamment avec l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) à Lyon pour les étudiants souhaitant se perfectionner en écriture dramatique, ainsi qu’avec les universités de Leipzig et de Hildesheim en Allemagne, ou encore avec l’Université des arts appliqués de Vienne. Cette section de la Haute école des Arts de Berne promet donc une formation complète et dont la reconnaissance est notable, puisqu’elle permet à ses étudiant·e·s de se diriger vers diverses perspectives professionnelles, que ce soit dans la médiation culturelle, l’organisation d’évènements liés à la culture ou à la littérature, l’enseignement, ou encore le travail reconnu d’auteur·e·s.


L’I. est aussi créateur de La Liesette Littéraire, une revue bilingue originellement présentée en supplément à d’autres journaux tels que le Bieler Tagblatt, Le Courrier, le WochenZeitung (WoZ), ou encore le journal de la Haute École des Arts de Berne-HKB. Depuis 2020, La Liesette Littéraire est adaptée au livre numérique et à la publication indépendante par Janina Mosimann et Dominik Lang dans le cadre d'un cours de design éditorial de l'École des Arts. La première version de cette « nouvelle » revue se divise en trois parties ayant pour but, tout comme l’Institut lui-même, d’encourager la créativité littéraire et d’offrir des opportunités de publication. Dans une première partie, des textes d’étudiant·e·s en état brut sont proposés. Dans la deuxième, des auteur·e·s sont invité·e·s à écrire autour d’un thème défini, alors que la troisième partie est une rubrique reflétant le parcours d’ancien·ne·s étudiant·e·s de l’I.


La liste des publications des membres de l’I. est prolifique. Certains écrits ont reçu des prix et d’autres œuvres ont déjà fait l’objet de traductions dans diverses langues. Pour en citer quelques exemples, nous retrouvons D’oncle (2021) de Rebecca Gisler, Ultraviolett (2021) de Flurin Jecker, ou Celles qui restent, de Zoé Borbély (2021). L’écrivaine jurassienne Elisa Shua Dusapin publie en 2020 Valdivostok Circus, après différentes œuvres primées et traduites, comme Hiver à Hiver à Sokcho (2016) ou Les billes du Pachinko (2018). Parmi le grand nombre d’œuvres aujourd’hui publiées, nous pouvons encore citer Schumacher de Romain Buffat (2018), Immer ist alles schön (2017) de Julia Weberou Le Prix (2015)d’Antoinette Rychner. Elisabeth Jobin, Arno Camenish, Michelle Steinbeck, Dorothee Elmiger, ou encore Pablo Jakob, sont notamment passé·e·s par une formation au sein de l'I.