Saint-Hubert (site archéologique, Bassecourt)

Saint-Hubert (site archéologique, Bassecourt)

Objet : sépultures mérovingiennes
Datation : Haut Moyen Age
Fouilles : 1875-1881, H. Duvoisin ; 1942, A. Gerster et A. Rais
Dépôt des collections : Musée jurassien d'art et d'histoire, Delémont ; Office de la culture, Porrentruy ; Musée suisse, Zurich

Cette nécropole, qui devait compter plusieurs centaines de tombes, fut fouillée et pillée dès 1876, lors de la construction de la voie de chemin de fer Delémont-Porrentruy. Un ingénieur, F. Mathey, récolta, probablement comme beaucoup d'ouvriers, des objets qu'il revendit, quant à lui, au Musée de Berne. Les Jurassiens de leur côté déléguèrent Henri Duvoisin, qui devint quelques années plus tard directeur du Progymnase (Collège) de Delémont. Il surveilla les recherches et les conduisit, semble-t-il, jusqu'en 1881. Déposée tout d'abord dans l'établissement scolaire, la collection fut transférée en 1941 au Musée jurassien de Delémont. Les objets vendus à Berne ont été rapatriés à l'Office de la culture à Porrentruy en 1995 dans le cadre du partage des biens culturels entre les cantons de Berne et du Jura.
Cette nécropole est l'une des plus riches de tout l'arc jurassien; l'inventaire global des objets est pourtant encore inachevé. On y recense des armes (scramasaxes, épées, francisques, umbos de bouclier, un trident), des bijoux (nombreux colliers de perles en verre multicolores et en ambre, fibule circulaire plaquée d'or, pendentifs en or avec filigrane, monnaies romaines perforées, etc.), de nombreux accessoires de buffleterie avec une impressionnante série de plaques-boucles de ceinture, souvent damasquinées, huit poteries et d'autres objets divers tels que peignes en os, agrafes en bronze, anneaux, etc.
Cette richesse laisse supposer une population assez aisée, voire la présence d'une aristocratie. Des chercheurs ont suggéré que Bassecourt aurait été alors un poste administratif de l'empire franc. On sent également dans cette nécropole une influence franque et alamane, comme dans le Territoire de Belfort. Quelques objets portent des signes chrétiens.
Les fouilles menées en 1942 ont montré que le sol d'époque avait été conservé et que les tombes se signalaient par des pierres dressées entourant les sépultures. La présence de cercueils ou de coffres en bois a aussi été constatée. Les défunts reposaient allongés sur le dos, tête à l'ouest, les bras parfois ramenés sur le bassin, parfois laissés le long du corps.
Sur un côté de la chapelle de Saint-Hubert, en 1634, on déposa les corps de 37 personnes, dont 36 pestiférés, habitants probables du village de Berlincourt.
Cet édifice contient une pierre tombale (longtemps interprétée, par erreur, comme étant un menhir) provenant de la nécropole mérovingienne et qui a été considérée pour avoir des vertus thérapeutiques.

Voir aussi la notice Archéologie.

Claude Juillerat et François Schifferdecker (réd.), Guide archéologique du Jura et du Jura bernois, Porrentruy, 1997, 29/11/2005
Dernière modification: 24/08/2011

Bibliographie

André Rais, « Les vestiges barbares de Bassecourt », in Les Intérêts du Jura, 21, 1950, pp. 101-118
Vincent Friedli, La nécropole mérovingienne de Bassecourt (JU) : Garnitures de ceinture et autres accessoires de buffleterie, manuscrit, 1996
Vincent Friedli, « Les indices archéologiques de la christianisation du Jura », in ASJE, 103, 2000, pp. 219-234
Claude Juillerat, François Schifferdecker (réd.), Guide archéologique du Jura et du Jura bernois, Porrentruy, 1997
www.jura.ch (octobre 2008)

Iconographie

Colliers de perles de différentes matières (pâte de verre, ambre et fragments récupérés de récipients en verre).
Période : VIe-VIIe siècle apr. J.-C.
Site de Saint-Hubert.

Lien: http://w3.jura.ch/services/oph/sar/Sites_nonA16/BAS-SH/BAS-SH-Texte.htm