Lachat, Jean-François (1807-1875)

Né à Roche-D'Or le 07.08.1807, décédé à Delle le 27.10.1875. Fils de Jean-François Lachat (1768-1835), agriculteur aisé, maire de sa commune, et frère d'Eugène Lachat, évêque.
Rédacteur en chef de journaux conservateurs, éditeur et traducteur de saint Thomas d'Aquin et des oeuvres complètes de Bossuet.
Humanités au collège des Jésuites de Dôle, séminaire de Besançon durant 4 ans, fréquente les universités de Munich et Tubingen durant trois ans. Munich est alors un centre d'activités intellectuelles des néoconservateurs catholiques.
A la mort de son père, il s'établit à Roche-d'Or, travaille à l'édition d'un livre qui paraît en 1841 sous le titre Le Jardin des Oliviers publié chez l'éditeur Cornu. Il fait ses premières armes dans le journalisme en écrivant des articles pour le journal jurassien conservateur l'Observateur du Jura. C'est alors qu'il renonce au sacerdoce auquel il se destinait. Jean-François Lachat collabore à L'Helvétie de 1840 qui résulte de la fusion d'une partie des animateurs de L'Helvétie et de l'Observateur du Jura. L'Helvétie de 1840 est un journal qui défend les particularités du Jura au sein du canton de Berne et qui réunit momentanément conservateurs et libéraux de 1830, dont Xavier Stockmar. Lorsque ce journal défend des positions trop conservatrices et catholiques (fermeture des couvents d'Argovie), les libéraux de 1830 quittent le journal et le nombre d'abonnés baisse fortement. Un nouveau journal est alors lancé, L'Union. Jean-François Lachat est le rédacteur en chef de L'Helvétie de 1840, puis de L'Union.
Après la faillite de L'Union fin 1844, en raison, entre autres, de procès perdus, un nouvel organe de presse est lancé à Fribourg, sous le nom de L'Union Suisse, Jean-François Lachat en est toujours le rédacteur en chef. Toutefois, ce journal disparaît avec la guerre du Sonderbund.
Député au Grand Conseil bernois (1839-1841).
Jean-François Lachat s'installe ensuite en France, d'abord chez son frère Eugène en Alsace, où il collabore à l'Union franc-comtoise, puis au Spectateur de Dijon. En 1852, il s'installe à Paris et entreprend une oeuvre de longue haleine, la traduction et l'annotation de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin ; l'ensemble comprend 16 volumes, qui paraissent de 1854 à 1861 et l'édition des 'uvres complètes de Bossuet, 31 volumes qui paraissent de 1862 à 1866. Affecté dans sa santé par ce travail, il s'installe chez son frère, devenu évêque, à Soleure.
En 1868, il entreprend un voyage à travers les pays d'Europe centrale qui le conduit jusqu'en Turquie. Son frère est ensuite déposé et expulsé de sa résidence de Soleure (réaction des cantons radicaux suite à la proclamation de l'infaillibilité pontificale). Jean-François Lachat séjourne alors chez son ami, le curé Marquis à Fahy. Celui-ci est suspendu de ses fonctions pour avoir protesté contre l'expulsion de l'évêque et se réfugie à Croix en France où Jean-François Lachat le rejoint, car il est lui aussi menacé d'arrestation pour avoir soustrait son ami de l'arrestation. Malade, il demande son admission à l'Hôpital de Delle et meurt en 1875.
En 1873, Pie IX lui décerne le titre de Docteur en théologie de l'Académie de la Religion catholique de Rome, en reconnaissance de ses travaux et de la découverte de plusieurs traités inédits de Saint-Thomas, il est aussi fait chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire, pour l'activité déployée au service de l'Eglise.

Alain Cortat, 10/07/2005
Dernière modification: 21/06/2011

Bibliographie

Girard Benoît, Un pionnier jurassien de la presse catholique, Jean-François Lachat : 1807-1875, Porrentruy, 1975
Pierre-Alain Dicaon (e.a.), « La Députation jurassienne 1831-1921 » paru dans les ACtes de la Société jurassienne d'Emulation 1976, p. 175
Antonia Schmidlin, "Paul Lachat", in Dictionnaire historique de la Suisse, [version électronique, DHS], 9.3.2007