Alliance jurassienne (AJU)

Alliance jurassienne (AJU)Alliance jurassienne est un parti politique issu de la Question jurassienne, particulièrement actif à Saint-Imier et dans le district de Courtelary de 1978 à 2014. Les autonomistes de Saint-Imier, membres du Parti démocrate-chrétien de Saint-Imier (PDC) et de la section de Saint-Imier d'Unité jurassienne (UJ), décident en 1978 d'unir leurs forces et de fusionner en un seul parti, Alliance jurassienne. Selon ses statuts, Alliance jurassienne a pour but « la sauvegarde des intérêts jurassiens à Saint-Imier. AJU représente plus particulièrement les intérêts d’UJ et du PDC dans les affaires communales de Saint-Imier ». En 1978, pour sa première participation aux élections communales, Alliance jurassienne décroche un siège à l’exécutif (Conseil municipal) et 8 au législatif (Conseil général), atteignant 19% des suffrages. Durant les premières années, la Question jurassienne est prégnante. Ainsi, contrairement à l’usage qui assure à la 3ème force politique imérienne un accès à la présidence du législatif selon un tournus, ce poste est refusé à Alliance jurassienne en 1983, 1987 et 1991 parce que « à Saint-Imier, le législatif représente la population. Le premier citoyen doit être un représentant de la majorité (Conseil général, 22 janvier 1987) ».
La situation évolue peu à peu, sous l’influence certes d’éléments extérieurs (Rapport Widmer en 1993 et mise en place de l’Assemblée interjurassienne (AIJ) en 1994), mais surtout par l’engagement du parti au sein des affaires communales. Alliance jurassienne présente un candidat à la mairie en 1994 (Stéphane Boillat) ; s’il est battu avec 18,8% des voix, Alliance jurassienne progresse d’un siège au législatif et son « ouverture » est reconnue payante (L’Impartial, 5 décembre 1994). L’accès à la présidence du législatif lui est ouvert pour la législature 1995-1998. C’est Stéphane Boillat qui exerce cette fonction en 1997. Le changement des statuts d’Alliance jurassienne accompagne cette évolution. Le 23 juin 1995, un nouveau but est ainsi adopté : « L'acquisition, par le Jura Sud, d'un véritable pouvoir de décision. AJU s'engage à toute démarche favorisant son autonomie. Par ailleurs, elle soutient tout renforcement de la collaboration intercantonale ou transfrontalière au sein de l'Arc jurassien et appuie son émergence en tant que région européenne. Alliance jurassienne est particulièrement active dans les affaires communales de Saint-Imier, dont elle défend les intérêts, ainsi que dans la perspective d'une autonomie. Elle participe aux élections et votations communales ».
Lors des élections municipales de 1998, Alliance jurassienne présente à nouveau Stéphane Boillat comme candidat à la mairie. Le 13 décembre 1998, il l’emporte au second tour par 1004 voix contre 868 à son concurrent. Dans la foulée, Alliance jurassienne gagne un second siège à l’exécutif, où elle dispose désormais de trois représentants (le maire et deux conseillers) sur sept membres. Ses élus à l’exécutif ont 26 (Anne Baume), 33 (Stéphane Boillat) et 34 (Silvio Dalla Piazza) ans. Sa représentation au législatif augmente de trois unités. De 16 à 19% des voix qu’elle réalisait jusqu’en 1994, Alliance jurassienne atteint 27% des suffrages.
Lors des trois législatures suivantes, Stéphane Boillat n’est pas combattu à la mairie et Alliance jurassienne conserve ses deux autres représentants à l’exécutif. Elle réalise entre 27 et 32% des suffrages lors des élections communales de 2002, 2006 et 2010.
A l’occasion de la mise en place du Conseil du Jura bernois (CJB), Alliance jurassienne réunit les forces autonomistes du district de Courtelary. Le 9 avril 2006, elle obtient 21,13% des suffrages dans le district de Courtelary et 2 des 24 sièges du Conseil du Jura bernois. Stéphane Boillat et Daniel Chaignat sont élus. Le 28 mars 2010, elle réalise 15,05% des suffrages du district, et obtient un siège, occupé par Stéphane Boillat. Daniel Chaignat est élu en tant que représentant des Verts, parti qui n’avait pas présenté de liste en 2006. De 2006 à 2014, Stéphane Boillat préside la Section instruction du Conseil du Jura bernois.
Le 24 novembre 2013, Alliance jurassienne prend résolument parti en faveur d’un oui à la question de savoir s’il faut « engager un processus tendant à la création d’un nouveau canton couvrant les territoires du Jura bernois et de la République et Canton du Jura, dans le respect du droit fédéral et des cantons concernés ». Le résultat est négatif ; à Saint-Imier, on compte 1436 Non et 454 Oui. Cet échec entraîne une profonde remise en question. Alliance jurassienne ne participe pas aux élections régionales du 30 mars 2014. Le 24 juin 2014, Alliance jurassienne communique qu’elle a décidé de modifier ses statuts et de changer de nom, prenant acte de la fin de la question institutionnelle, mais manifestant son désir de continuer à s’engager pour la chose publique.
Alliance jurassienne (AJU) est remplacée par Alternative régionale et communale (ARC), dont le but est : « ARC Alternative régionale & communale est particulièrement active dans les affaires communales de Saint-Imier, dont elle défend les intérêts dans une optique de développement durable et solidaire. Elle participe aux élections et votations communales. Par ailleurs, ARC Alternative régionale & communale soutient tout renforcement de collaborations intercantonales ou transfrontalières au sein de l'Arc jurassien et appuie son émergence en tant que région européenne et ouverte vers l’extérieur. ARC Alternative régionale & communale a pour but de favoriser le rayonnement de Saint-Imier et de notre région vers l’extérieur. Elle s’engage en outre pour le développement d’un véritable pouvoir de décision de proximité ».
Lors des élections communales du 30 novembre 2014, Patrick Tanner, candidat d’ARC, est élu maire de Saint-Imier avec 66% des suffrages. Il succède à Stéphane Boillat, qui ne pouvait se représenter après 4 mandats. ARC obtient quatre des sept sièges de l’exécutif (le maire et trois conseillers-ères), ainsi que 12 sièges sur 31 au Conseil de ville (législatif ; 39,4 % des suffrages), devenant ainsi le premier parti de Saint-Imier. La dernière séance du Conseil de ville de la législature, le 11 décembre 2014, constitue la dernière intervention d’Alliance jurassienne après 36 années (9 législatures) de vie politique.

Stéphane Boillat, 21/04/2015
Dernière modification: 1/05/2015

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