Société des forces électriques de La Goule (SEG)

La société des forces électriques de La Goule (fondée le 2 décembre 1893 à l'initiative principalement de François Geneux, Alfred Boy de la Tour et Fritz Rothacher) construit en 1894 une usine hydroélectrique au lieu-dit La Goule, situé sur la commune du Noirmont, sur le Doubs. Dès ses débuts, l'électricité qui y est produite est distribuée sur le plateau de Maîche, le plateau Franc-Montagnard et jusque dans le vallon de St-Imier.
Aujourd'hui, la Société des Forces Electriques de La Goule SA approvisionne en énergie électrique des particuliers, des entreprises et des collectivités sur une zone de desserte répartie sur les cantons de Berne (vallon de Saint-Imier), du Jura (Franches-Montagnes) et de Neuchâtel (les Brenets). Une partie de cette électricité est produite dans sa centrale à La Goule sur le Doubs et le reste est achetée à BKW FMB Energie SA. Elle entretient un vaste réseau de distribution comprenant plus de 600 km de lignes.

En raison du débit très irrégulier du Doubs, la production d'énergie se révèle insuffisante par rapport à la demande. C'est pourquoi, de 1902 à 1942, la société possède une deuxième petite usine à Saint-Imier permettant de faire face à la forte demande. En outre, dès 1910, la société fait appel à d'autres usines hydro-électriques pour assurer à ses clients une distribution régulière : la Compagnie vaudoise des Forces Motrices des lacs de Joux et de l'Orbe (1910-1929), les Entreprises Electriques Fribourgeoises (1921-1932), les Forces Motrices Bernoises (dès 1926). Les bons résultats obtenus dans les premières années d'exploitation permettent à La Goule de se développer : en 1906, elle fonde la Société Electrique de Morteau et, en 1908, elle participe à la création de la Société des Forces Motrices du Refrain. Cependant, les conséquences de la Première Guerre mondiale sur le franc français et son économie vont entraîner la société de La Goule vers d'importants problèmes financiers qui vont se poursuivre jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale.
Les affaires peuvent reprendre dès la fin des hostilités, qui entraîne une reprise des activités économiques. La survie de la SEG passe aussi par son principal concurrent, les FMB qui vont prendre une part toujours plus importante de son capital. En 1926, les deux sociétés interconnectent leurs réseaux et, dès 1939 (et non dès les années 1960), les FMB contrôlent la majorité du capital de la SEG. Cette dernière conserve cependant son identité juridique.

La Goule commercialise son énergie sous le label 1to1 energy; elle se positionne ainsi dans une optique de développement durable.
Elle participe en outre au capital des sociétés suivantes : Juvent SA Berne, production d'électricité éolienne à Mont-Crosin et Mont-Soleil (5%), et Société des Forces Motrices du Châtelot, production d'électricité hydraulique sur le Doubs (11,7%). En tant que partenaire d'exploitation, elle participe à la centrale solaire de Mont-Soleil.

La centrale hydroélectrique de la Goule, avec ses 5.5 MW de puissance installée, est la plus grande installation de production d'électricité hydraulique du Jura et du Jura bernois. La longueur du tronçon de rivière court-circuitée est d'env. 600 m Une chute brute de 28 m est exploitée alors que la production annuelle moyenne est de 26 GWh.

Emma Chatelain, 1/10/2008
Dernière modification: 21/11/2018

Fonds d'archives

Mémoire d'Ici (Saint-Imier), dossier documentation « La Goule »

Bibliographie

Société des forces électriques de la Goule (St-Imier), Cinquantième anniversaire : 1893-1943, Saint-Imier : E. Grossniklaus, 1944
75e anniversaire de la Société des forces électriques de La Goule, Saint-Imier, 1893-1968
, 1968
Centenaire de la "Société des Forces électriques de la Goule" Saint-Imier : 1893-1993, Saint-Imier, 1993
Bernard Romy, Le Meunier, l'horloger et l'électricien. Les usiniers de la Suze, 1750-1950, Intervalles, n° 69-70, automne 2004, p. 202-205
Georges Cattin, Les centrales électriques jurassiennes, Saignelégier, 2006, pp. 71-103
http://www.lagoule.ch/lagoule/fr/entreprise.html (14.7.2009)
Feuille officielle suisse du commerce (FOSC), n° 36, 22 février 2010, p. 6
Le Journal du Jura, 22 mars 2016

Lien: http://www.lagoule.ch