Japy-Amstutz, Frédéric (1749-1812)

Né le 22 mai 1749 à Beaucourt (Territoire de Belfort, F). Décédé le 4 ou le 23 janvier 1812 à Badevel (Doubs, F) ou à Beaucourt (la date et le lieu divergent d’une source à l’autre). Fils de Jacques (1724-1797/9), maire de Beaucourt, et de Marie Marguerite Fainot (Fenot). Marié le 16 février 1773 avec Catherine Amstutz (1756-1811), originaire de Sigriswil (BE), fille de Jean Michel Amstutz-Mosiman (né en 1728 à Masevaux, Haut-Rhin), fermier anabaptiste à La Grange-la-Dame (commune de Beaucourt), et de Judith Hauter.
Jean-Michel est le fils de Hans Ulrich Amstutz (né en 1696 à Sigriswil, mort en 1753), qui a émigré avec ses trois frères à Masevaux près de Montbéliard, puis s’installe en 1743 à La Grange-la-Dame. Il a épousé Eva Mosiman, de Sumiswald (BE).

Après avoir travaillé dans l’atelier de son père à Beaucourt, J. part au Locle en 1769 avec son frère Pierre Abram (1747-1821) faire un apprentissage d’horloger de trois ans chez Jean Jacques Perrelet (fils d'Isaac). Après 22 mois (mai 1769-24 décembre 1770), ils sont libérés par leur maître d'apprentissage pour aller s'établir chez eux à Beaucourt. Une autre source affirme cependant qu'en 1770, il entre dans l’atelier de Jean-Jacques Jeanneret-Gris (1755-1827), guillocheur de renom au Locle, connu pour ses inventions mécaniques qui vont lui profiter par la suite. J. revient à Beaucourt en 1771, monte un modeste atelier d’horlogerie et écoule le produit de ses travaux en Suisse. En 1774, il installe une petite fabrique chez son beau-père Jean Michel Amstutz-Mosiman (*1728) à La Grange-la-Dame près de Montbéliard, et décide de s’industrialiser en faisant des ébauches au moyen de machines-outils qu’il a achetées à Jean-Jacques Jeanneret-Gris. En 1776, il retourne à Beaucourt où il fait construire en 1777 un grand bâtiment pour y loger ses ouvriers et ses machines. C’est le point de départ de l’immense empire industriel Japy qui domine au milieu du XIXe s. le marché suisse des ébauches avec une autre entreprise : Robert & Cie à Fontainemelon (FHF). Sous le Second Empire (1852-1870), l’entreprise Japy possède la deuxième place dans l’industrie française. Ses membres influents ont marqué le paysage industriel par l’apport de nombreuses innovations dans le domaine technique, mais aussi dans l’organisation du travail et la vie sociale ouvrière au XIXe siècle.

A la Révolution française, lors de la vente des biens nationaux, J. achète plusieurs propriétés confisquées au prince. C’est ainsi qu’il acquiert en 1798 l’abbaye de Bellelay pour y installer une fabrique d'horlogerie destinée à s’introduire sur le marché suisse. La Révolution ne ralentit pas la production : en 1799, J. fabrique 30'000 montres par an et fait enregistrer dix brevets d’inventions. En 1806, ses trois fils – Fritz (1774-1854), Louis Frédéric (1777-1852) et Jean-Pierre (1785-1863) – reprennent la direction de la manufacture paternelle. A la mort de J. en 1812, les usines Japy sont en pleine prospérité. En 1817, le beau-fils de J., Jean-Pierre Monnin-Japy (1777-1853), devient propriétaire des bâtiments conventuels de Bellelay et y installe une brasserie. Plus tard en 1850, les deux fils du précédent, dont Frédéric-Louis Monnin-Perret, étendent leurs activités en créant en plus une verrerie. En 1870, la brasserie rencontre des difficultés et cesse ces activités. Puis c’est au tour de la verrerie de fermer en 1891 et les bâtiments sont progressivement vendus à l’état de Berne qui en fera un hôpital psychiatrique dès 1899.

J. a 16 enfants :
1. Frédéric Guillaume dit Fritz (1774-1854), marié à Anne Catherine Monnin (1773-1833)
2. Clémence Catherine (1775-1864) mariée à Charles Christophe Peugeot (1775-1819), filateur
3. Louis Frédéric (1777-1852) marié à Marie Marguerite Perlet (1777-1851), [SGG]
4. Frédérique Elisabeth (*1779), mariée à (Georges Frédéric) Jean-Pierre Monnin (1777-1853), horloger
5. Susanne Marie Anne (1781-1831) mariée à Frédéric Louis Calame (1776-1858), né aux Planchettes
6. Suzanne Catherine (*1783) mariée à Jacques Peugeot (1777-1818), teinturier
7. Jean Pierre (1785-1863) marié à Caroline Cuvier (1786-1866), nièce du paléontologue Georges Cuvier
8. Elisabeth Sophie (1787-1840) mariée à Jean-Jacques Maillard-Salins (1776-1829)(associé en 1810 aux frères Jean-Pierre (1768-1852) et Jean-Frédéric Peugeot à l’origine des automobiles en 1891)
9. Charlotte Eléonore (1788-1841) mariée à Jean Henry Ebray, pasteur à Bâle
10. Marie Anne Julie (1790-1829) mariée à Abram Louis Meyrat, de Saint-Imier
11. Jean Charles (1792-1821), célibataire
12. Jacobine Angélique (1793-1883) mariée à Georges Tuefferd, Dr. méd. à Montbéliard
13. Ingénu (1795-1797)
14. Frédéric (1796-1836), dit Fido, marié à Joséphine Paillard, dont le Général Frédéric Benoît Japy-Bressin (1826-1904)
15. Louise (1798-1801)
16. Victoire (*1800)

Robin Moschard, 21/03/2012
Dernière modification: 28/01/2017

Fonds d'archives

Musée Frédéric Japy à Beaucour.

Bibliographie

Bernard Romy, Les usiniers de la Suze 1750-1950, le meunier, l’horloger et l’électricien, Intervalles n° 69-70, 2004, p. 101, note 38
Pierre Lamard, Histoire d’un capital familial au XlXe s. : le capital Japy de 1777 à 1910, Besançon, 1984
Maria Nogheira, « Bellelay ancien couvent devenu hôpital psychiatrique 1789-1960 », in LICEH 39, 2008, p. 9-13 (http://www.sje.ch/media/ceh_info-039.pdf)
Pierre Lalevée, « Les Japy de Beaucourt », Conférence du 16 janvier 2001 au Cercle généalogique de la région de Belfort, bulletins n° 38, juin 2001 et n° 39, septembre 2001 (http://www.racinescomtoises.net/?Les-Japy-de-Beaucourt)
Dictionnaire de biographie française, tome 18, 1994, p.459 notice n°1, p. 460 notice n°4 Alfred Chapuis,
Histoire de la pendulerie neuchâteloise, Neuchâtel : Ed. Attinger, 1917
Jean-Paul Bourdin, Répertoire des horlogers loclois XVlle-XXe siècle, 2005
www.ancienne-horlogerie.com/P7.html (19.1.2013)
Estelle Fallet et Alain Cortat, Apprendre l'horlogerie dans les Montagnes neuchâteloises 1740-1810, La Chaux-de-Fonds : Ed. l'Homme et le Temps, 2001, p. 110
Jean-Pierre Poussou (dir.), L'économie française du XVIIIe au XXe siècle : perspectives nationales et internationales : mélanges offerts à François Crouzet, Paris : PUPS, 2000, p. 462 (contribution de François Jéquier)