Tonon, Ariane (1958-)

Tonon, Ariane (1958-)Originaire de Worb (BE) et Treviso (I). Née le 26 juin 1958 à Péry-Reuchenette. Fille de Giorgio Erminio Tonon, monteur en chauffage, et Muguette Tonon Schindler, horlogère.

Enseignante. Militante féministe et syndicale. Élue au Conseil de ville de Bienne, Alliance verte et sociale (2006-2011), puis Les Vert·e·s (2020-). Membre et présidente du Conseil des affaires francophones (CAF).

Formation
Enfance et scolarité primaire à Péry-Reuchenette, secondaire à Bienne. T. entre à l’École Normale d’instituteurs de Bienne et y obtient un diplôme d’enseignement primaire (1974-1979). Elle poursuit ensuite ses études à l’Institut d’Etudes sociales à Genève (travail de diplôme avec Charlotte Krebs : « Vol au-dessus d’une ville d’avenir. L’infrastructure de travail social destinée à la jeunesse biennoise ») et obtient un premier bachelor en 1982. Par la suite, T. étudie les littérature et linguistique d’Espagne et d’Amérique latine à l’Université de Grenade (1986-1989), puis les littératures et linguistiques française et espagnole et le français médiéval à l’Université de Neuchâtel (bachelor et master, titre du mémoire de master : « Personajes en búsqueda de identidad en la obra de Carmen Martín Gaité », 2000), et obtient le certificat d’éligibilité au secondaire II en 2001. En 2014, elle obtient un certificat I de formatrice d’adultes à effe (espace de formations – fachstelle für erwachsenenbildung), puis, en 2019, un CAS en Migration et sociétés plurielles à l’Université de Lausanne.

Activités professionnelles dans le domaine de la formation
T. est enseignante et formatrice dans différents domaines au cours de sa carrière. Elle travaille d’abord dans les classes d’accueil pour les élèves migrant·e·s (1985, puis à nouveau 1989-1999) avant de co-fonder, en marge de ses études à Grenade, l’Escuela cooperativa de idiomas Montalban, en 1987. En janvier 1991, elle est coordinatrice locale de la Journée des Réfugié·e·s (organisée par l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR à Bienne). Elle enseigne ensuite l’espagnol à l’École Normale de Bienne (1991-2000), puis l’espagnol dans les sections bilingues et le français au Gymnase français et au Seeland Gymnasium de Bienne (1997-2011) ; elle  devient également experte principale pour le français dans le Canton de Berne pour les maturités spécialisées, sous la Direction de l’Instruction publique du Canton de Berne. De 2011 à 2022, elle est responsable de projets et chargée d’enseignement aux formations continues et postgrades dans les domaines plurilinguisme et migrations, ainsi qu’en médiation scolaire à la Haute école pédagogique HEP BEJUNE. Au cours de sa carrière, T. est également déléguée pour la HEP du Groupe de travail langues étrangères Swissuniversties et de la Commission langues de la CIIP. Elle prend sa retraite en 2022.

Engagements politiques et militants
T. s’est engagée très jeune pour des causes sociales et féministes. Dès 1978, elle milite pour le droit à l’avortement au sein du groupe MLF (mouvement de libération des femmes) biennois et est membre fondatrice de la section biennoise enseignante de la SSP/VPOD. Dans les années 1980, elle s’engage en faveur de la création d’un Centre d’information sexuelle et de consultation (CISC) à Bienne (1982) et pour le droit à un congé maternité payé. Membre de la Ligue marxiste révolutionnaire LMR (notamment de la commission nationale femmes), puis du Parti socialiste ouvrier PSO (1982-1989). Engagée dans les réseaux internationalistes de la LMR, elle poursuit les luttes féministes et de gauche à Grenade (E) (1986-1989). Par la suite, T. est membre de l’Alliance Verte et sociale, candidate sur les listes pour le Conseil de ville biennois (1990) et pour le Conseil national (1995). De 2006 à 2011, elle siège au Conseil de ville (Les Vert·e·s, aux côtés de Claire Magnin). En 2021, elle est à nouveau élue au parlement local, et 2e vice-présidente du Conseil de ville jusqu’en avril 2022. Parallèlement à ces mandats, T. est membre des commissions scolaires d’école primaire de Bienne (2004-2010) et du gymnase français de Bienne (2011-2013). Depuis 2012, T. est membre du Conseil des affaires francophones (CAF). Elle est nommée présidente de cet organe en juin 2022.

Culture et littérature
T. fait également partie  de la Commission intercantonale de littérature (CILI) depuis 2015 (attribution de prix littéraires et de bourses d’écriture aux auteur·ice·s de la région BEJU). Elle a également été membre du comité du Filmpodium de Bienne (2003-2010 et programmatrice régulière du festival annuel « Filmar en América Latina ») et de la Commission de la culture de la ville de Bienne (2009-2012). En 2008, elle fait partie du jury du Prix Walser.

Anne-Valérie Zuber, 25/06/2022

Bibliographie

CAF (communiqué), « Elections internes au CAF et objectifs 2022 », 16.06.2022, https://www.caf-bienne.ch/fr/actualites/details/elections-internes-au-caf-et-objectifs-2022/ (consulté le 17.06.2022)
Catherine Favre, « Où en est la discipline dans les classes de Bienne ? », in Journal du Jura, 25.08.1985
Ariane Tonon, « Die Eröffnung eines Zentrums für sexuelle Information und Beratung (CISC) in Biel : ein Kampf gegen Ärzte und bürgerliche Parteien », in Emanzipation : Feministische Zeitschrift für kritische Frauen, Band 9, Heft 5, 1983
« Verein Biel – Stadt ohne Grenzen », in Bieler Tagblatt, 10.12.1990
Anne-Valérie Zuber, L’Arc jurassien, un terrain d’émancipation pour les femmes? Trajectoires militantes dans une région périphérique (1968-1995), Thèse de doctorat sous la direction de Prof. Kristina Schulz et la co-direction de Prof. Sylvie Chaperon, Université de Neuchâtel [en cours]
Informations fournies par Ariane Tonon, le 9.6.2022 et le 17.06.2022

Iconographie

Ariane Tonon © Marcel Liengme, CAF, fournie par Ariane Tonon (2022)